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Croissance moins forte que prévu, déceptions sur le luxe et la Chine... L'Oréal plie mais ne rompt pas
information fournie par Zonebourse 13/02/2026 à 11:24

L'Oréal accuse de loin la plus forte baisse de l'indice CAC 40 vendredi matin à la Bourse de Paris, au lendemain de la publication d'un chiffre d'affaires du 4ème trimestre légèrement inférieur aux attentes des analystes, qui génère des prises de bénéfices sur un titre qui avait largement surperformé le marché depuis un an.

Après avoir ouvert sur un repli de près de 7%, la valeur limite un peu son repli et abandonne 3,6% vers 11h00, dans des volumes toujours très étoffés, alors que le CAC recule de 0,2% au même moment.

Comme prévu, le numéro un mondial des cosmétiques a fait état hier soir d'une accélération de sa croissance organique au quatrième trimestre, mais sans toutefois parvenir à atteindre les prévisions qui avaient été établies par les analystes.

En données publiées, le géant français des produits de beauté a vu ses ventes progresser de 1,5%, à 11,25 milliards d'euros, sur les trois derniers mois de l'année.

Mais sa croissance organique - un indicateur beaucoup plus suivi par les investisseurs - est ressortie à 6% tout juste, au lieu des 6,3% attendus par le marché, voire des 7% espérés par le consensus "officieux".

Côté résultats, le bénéfice d'exploitation a augmenté de 2,4%, à 8,89 milliards d'euros, en 2025, proche du consensus de 8,88 milliards, donnant une marge opérationnelle de 20,2%, en progression de 20 points de base, là encore un peu meilleure que prévu puisque le consensus visait 20,1%.

"Les résultats sont de qualité, la croissance organique se redresse trimestre après trimestre et surtout il y a dans le 4ème trimestre des signaux clairement encourageants sur la beauté dermatologique, l'Amérique du Nord et l'Europe", observe ce matin Pierre Tegner, analyste chez Oddo BHF.

Si les performances du groupe marquent une réelle accélération par rapport aux trimestres précédents, puisque la croissance organique ressort à 4% sur l'ensemble de l'exercice 2025, le tassement de la dynamique en Chine et dans le luxe a déçu.

Dans les produits de luxe (Lancôme, Yves Saint Laurent, Aesop ou Maison Margiela), la croissance organique n'a atteint que 4,5% au 4ème trimestre, soit la plus faible performance des quatre grands métiers du groupe, une déception que les professionnels attribuent à la faiblesse des ventes dans les réseaux de "travel retail" (ventes aux voyageurs).

A titre de comparaison, les analystes anticipaient une croissance de 7,3%.

"C'est d'autant plus surprenant que la division aurait dû bénéficier de ses nombreux récents lancements de produits", déplore Wassachon Udomsilpa, analyste chez RBC.

Chez Oddo, on estime toutefois que c'est l'Asie du Nord qui constitue la véritable déception avec une croissance organique de seulement 0,6% sur le dernier trimestre, contre 5,6% attendus, alors que la base de comparaison s'annonçait très favorable.

"Cette atonie est assez cohérente avec les propos tenus jusqu'à présent par les pairs de consommation qui évoquent un marché chinois qui va mieux mais qui reste difficile", constate la banque privée.

A ces déconvenues s'ajoutent des perspectives jugées encore très vagues par les professionnels.

Comme à son habitude, le groupe s'est contenté de se déclarer "optimiste" quant aux perspectives du marché mondial de la beauté pour 2026, malgré les incertitudes macroéconomiques, et s'est dit confiant dans sa capacité à continuer de le surperformer et à réaliser une nouvelle année de croissance du chiffre d'affaires et des résultats.

Aucun objectif précis n'a été cependant dévoilé.

"Bien que la croissance organique de 6% au 4ème trimestre soit en absolu de bonne qualité, elle ne sera probablement pas suffisante pour conforter des hypothèses de croissance qui avaient graduellement franchi la barre des 5% pour 2026", prévient Pierre Tegner, chez Oddo.

Pour 2026, le marché anticipe pour l'instant une croissance organique du chiffre d'affaires de 5%, pour un Ebitda vu en hausse de 5,8%.

La sanction est d'autant plus lourde que la valorisation du groupe français est jugée riche à ses niveaux actuels, avec un PER qui s'établit à 28,5x.

"L'entreprise est valorisée à 17,5 fois son Ebitda, ce qui est plus élevé que ses concurrents du secteur des biens de consommation comme Unilever (13,5x), Beiersdorf (13x), Nestlé (11x) et Danone (10,5x)", souligne-t-on chez Jefferies.

Le titre L'Oréal, qui reste très recherché par les investisseurs en raison de son statut de leader de marché, de sa large gamme de produits, de sa puissance marketing et de sa capacité à innover, a pris près de 11% au cours des 12 mois écoulés, surperformant largement ses indices de référence que sont le CAC 40 ( 2% sur la période) et le STOXX® Europe 600 Consumer (-17% en un an).

"Quand la tempête de la saison des résultats sera passée, on se rendra compte que ces performances se distinguent toujours parmi les meilleures du secteur des grandes entreprises de consommation courante à l'échelle mondiale, alors que beaucoup d'acteurs du secteur doivent aujourd'hui faire face à des problèmes de croissance de taille", résument les analystes de Bernstein.

A titre de comparaison, les dernières publications des groupes américains Estée Lauder et Coty avaient été sanctionnées beaucoup plus lourdement, les titres ayant chuté de respectivement 19% et 15,5% dans le sillage de leurs résultats.

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